mercredi 2 février 2011

Lisons - 1984

Paru en 1949, Nineteen Eighty-Four de George Orwell n’a pas mis longtemps à figurer parmi les plus grands classiques de la littérature mondiale. Bien que l’œuvre soit référencée à tout bout de champ dans les conversations de la vie de tous les jours, nombreux sont ceux qui ne l’ont pas lu. Tout le monde connait vaguement le thème : une société totalitaire ou l’hyper-surveillance, la propagande, et le conditionnement intensifs permettent au système de se perpétuer. Il serait dommage de s’arrêter la, car dans le détail le roman est ensorcelant.

Le meilleur passage est le chapitre 9, ou le héros, Winston, lit le Livre d’Emmanuel Goldstein, légende vivante de la Resistance, qui démonte avec froid et habileté les mécanismes de la société.
Pour résumer, la civilisation est toujours stratifiée selon trois niveaux : le Haut, le Milieu, et le Bas. Les proportions et rapports entre ces différents niveaux, et les termes employés pour les designer évoluent, mais la structure reste toujours la même. Le Haut a pour but de se maintenir au pouvoir. Quatre menaces pèsent sur son hégémonie : une conquête de l’extérieur, une montée en puissance du Milieu, une révolte du Bas, et une décadence ou un manque de volonté au sein même du Haut.

Une conquête de l’extérieur n’est ni possible, ni d’ailleurs désirable pour que ce soit. Le monde de 1984 est divise en trois super-Etats. La guerre entre elles est perpétuelle, mais implique très peu de monde. La guerre est tout d’abord un outil pour détourner l’attention du peuple et canaliser ses instincts haineux envers l’étranger. Aucun super-Etat n’a envie de conquérir les territoires des autres : en assimilant les populations conquises les peuples deviendraient amis et verraient qu’il n’y a aucune raison de se détester. Le combat se déroule en fait sur un no man’s land s’étendant de l’Afrique au Moyen-Orient, territoires changeant sans arrêt de main. Lorsqu’il gagne un territoire le colon exploite la main d’œuvre locale pour conquérir de nouveaux territoires, dont il exploitera de nouveau la main d’œuvre, et ainsi de suite. Au final les trois puissances se neutralisent, et n’ont en réalité nullement besoin des ressources de ces territoires pour s’organiser. Leur rêve secret est d’entourer un jour l’ennemi et de lancer une attaque nucléaire rendant impossible toute riposte, mais aucun des trois super-Etats ne sera jamais en mesure d’appliquer un tel plan.

L’objectif principal de la guerre est le même pour les trois Etats. Leur idéologie, bien que portant des noms différents (Ingsoc pour l’Océanie, néo-Bolchevisme pour l’Eurasie, néo-Bouddhisme pour l’Asie), a le même but : maintenir le Haut au pouvoir. Le Haut, bien qu’il maintienne le Bas dans l’ignorance la plus totale, et surveille de prés le Milieu (qu’il faut bien éduquer un minimum pour faire fonctionner la Bureaucratie, par exemple en écrivant des articles de propagande) est bien conscient des mécanismes de l’Histoire : l’accumulation de richesses permet au Milieu de renverser le Haut. Pour pallier au problème, il faut limiter les richesses, mais tout en gardant le peuple occupe. C’est là tout l’objet de cette guerre mondiale artificielle : tout ce qui est produit est au bout du compte détruit. Une main d’œuvre qui pourrait fabriquer un million de paires chaussures produit a la place un avion qui sera détruit lors d’un combat. Dans chaque super-Etat le Haut y trouve son compte.

Toute la puissance créatrice des super-Etats se focalisent sur la guerre et sur la surveillance. Dans tous les autres domaines d’innovation le monde est depuis longtemps en régression. L’élite intellectuelle est composée d’un cote de chimistes, de stratèges, et d’ingénieurs cherchant a fabriquer les armes les plus mortelles qui soient (les projets les plus farfelus et les plus irréalisables s’enchainent sans vraiment donner de résultats), d’un autre cote de psychologues, d’éducateurs, d’ingénieurs en télécommunications, et de linguistes qui traquent les contrevenants au système. La langue est simplifiée au maximum pour abrutir le peuple et le conditionner des la plus petite enfance. Elle s’articule autour du concept de DoubleThink, indiquant une capacité à accepter simultanément une idée et son contraire, mettant ainsi en veilleuse tout esprit critique. Ce concept se retrouve dans la composition même du gouvernement : le Ministère de la Paix se charge de la guerre, le Ministère de l’Amour se charge de la torture et de la répression, le Ministère de la Vérité s’occupe de mentir au peuple et de refaire régulièrement l’Histoire, et le Ministère de l’Abondance s’occupe des affaires économiques dans une société de plus en plus précaire.

Le chapitre fascine par son expose des dispositifs de contrôle de la population. On ne peut bien sur s’empêcher d’établir des parallèles avec des sociétés réelles. La prophétie d’Orwell, si elle ne se réalisera jamais dans les détails (et ce n’est d’ailleurs pas le but de l’auteur), reflète des mécanismes sociétaux impérissables. Son récit (très conceptuel) de l’Histoire évoquera a chaque lecteur des événements différents (la révolte du Bas rappelle la Révolution du Prolétariat de 1917 ou encore les révoltes des esclaves sous l’Empire Romain ; l’accumulation de richesse et la montée en puissance du Milieu évoque notamment le renversement de la noblesse et du clergé en Europe par la Bourgeoisie).

L’œuvre, et notamment le chapitre IX, a cela de remarquable qu’il ne nous apprend pas grand chose mais donne un sens et une structure a ce que l’on sait déjà.

C.F. – CC2 « Le Jeu» – Juillet 2007

Qu’est-ce que le jeu?

Afin d’inaugurer ce premier cahier central dédié au Jeu, il semble pertinent de commencer par définir froidement cette activité qui est si prompte a nous passionner, voire a nous obséder.

Jeu : activité de loisirs d'ordre physique ou psychique, soumise à des règles conventionnelles, a laquelle on s’adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l'amusement.

Le jeu, à l'instar du rire, est candidat au statut de propre de l'homme ; en effet, l'homme serait la seule espèce à jouer a l'âge adulte.

D’ailleurs, Roger Caillois, dans Les jeux et les hommes (1957), s'est essayé a une définition du jeu.

C'est une activité qui doit être :

1.   Libre : l'activité doit être choisie pour conserver son caractère ludique ;

2.   Séparée : circonscrite dans les limites d'espace et de temps ;

3.   Incertaine : l'issue n'est pas connue à l’ avance ;

4.   Improductive ;

5.   Réglée : elle est soumise a des règles qui suspendent les lois ordinaires ;

6.   Fictive : accompagnée d'une conscience fictive de la réalité seconde.

Sans règle, pas de jeu.


J’attire donc tout particulièrement votre attention sur le caractère improductif de Jeu, qui me semble le plus apte à caractériser une activité oisive. Rappelons que l’oisiveté est elle-même née de l’ennui.

H.W. - CC2 « Le Jeu» – Juillet 2007

Culture Confiture - Rêver en Tetris

Peut-on programmer les rêves ? Des psychiatres de la Harvard Medical School s’y sont essayes, au début de l’an 2000, en utilisant la forme visuelle la plus simple à reproduire mentalement : les figures de Tetris, le jeu vidéo star du début des années 1990.

27 cobayes : 10 experts en Tetris, 12 novices et 5 amnésiques. Pendant 3 jours, une heure de Tetris le matin, une heure le soir. La 2eme nuit, 17 cobayes sur 27 rêvaient de figures géométriques tombant du plafond. Un détail frappa les chercheurs : 3 amnésiques sur 5 rêvaient eux aussi en Tetris. Même si, chaque jour, il fallait leur répéter les règles du jeu qu’ils avaient oublie. Explication provisoire : Tetris se grave dans l’inconscient, pas dans la mémoire.
L’expérience conforte la théorie selon laquelle le rêve est un apprentissage. Ceux qui échouèrent, qui ne révèrent pas en petits carres, étaient les experts en Tetris. Il semble que plus il vous reste à apprendre, plus vous avez de chances de voir le rêve , conclut Bob Stockgold, l’un de psychiatres de Harvard.

H.W. – CC2 « Le Jeu» – Juillet 2007
Source : « Culture Confiture », de Léon Mercadet

Sex In The Cube - Le Sex Friend

Messieurs, cet article se conjugue, pour votre plus grand plaisir, également au masculin…

Anciennement appelé le Fuck-Buddy, nouvellement baptise l’ami moderne de l’autre cote de l’Atlantique, le fuck ou sex-friend se situe, vous l’aurez compris, entre l’ami et le petit ami.

Qui est-t-il ? La plupart du temps, un ex avec qui les habitudes sous la couette sont difficiles a rompre ou très souvent un ami/copain envers qui nous avons de l’attirance mais avec qui envisager une relation est impossible, voire un mixe des deux.

Son intérêt ? Pimenter sa vie sexuelle, (en avoir une ?), faire plaisir à son ego en se sentant désirable, répondre a l’envie de ne pas dormir seule.

A quelle fréquence ? Ah, ah ! Cela dépend de votre appétit ! Et bien sur de l’emploi du temps des deux parties. Pour les célibataires, une fois par semaine est une bonne moyenne.

Quel début ? Des « dérapages » fréquents avec votre ancien petit ami, qui se finissent en « relation extra « régulière. Ou suite a une soirée arrosée avec votre ami de toujours, vous êtes sur le canapé, la discussion devient orientée, puis complètement ambigüe et la… patatra, a peine le temps de dire ouf, et vous êtes nue dans son lit. Dans la plupart des cas, vous êtes hilares et avez l’hypocrisie de vous demander comment vous en êtes arrives la… Puis souvent, jouant la carte de l’amitié, vous vous permettez les questions les plus critiques en vous cachant presque sous la couette craignant le pire : « Non mais dis moi vraiment, sur une échelle de 1 a 10, tu me mets ou ? », « Comment tu me trouves physiquement ? ». Les vrais amis sauront surévaluer la précédente performance, parce que justement, avant tout, vous êtes amis.

Quand délivre-t-on la palme du sex-friend au friend ? A partir du 3° rendez vous, la première fois n’étant (normalement) pas préméditée, la deuxième juste une vérification et très peu souvent amenée comme telle.

La prise de contact ? Une fois le troisième rendez vous pris, vous savez à quoi vous attendre. « La demande » peut être déguisée pour les plus timides « Est ce que tu peux passez chez moi, j’ai un problème avec ma Live Box ? ». Pour les plus clairvoyants (ou les habitues), deux mots suffisent : « Jeudi soir ? ».

Où ? Bizarrement, vous qui étiez les premiers à courir les tout derniers restaus parisiens, vous ne vous retrouvez plus que chez l’un ou chez l’autre et prétextez beaucoup de coups de blues pour vous retrouver a l’écart de votre bande de potes.

Comment ? Rares sont les amis modernes qui se sautent dessus, ça serait louche, ces soirées commencent généralement par un apéro, puis deux…

Un Contrat consensuel ? La plupart du temps, cette complicité couettesque est secrète. En parler a un(e) ou deux ami(e)s est permis, mais pas plus, le but de la manœuvre étant, rappelons le, d’être libre et de ne pas s’embêter avec les jugements de votre entourage.

Un conseil les filles, ne pas en parler a vos autres amis, histoire de ne pas vous retrouver dans des situations nouvelles bizarrement ambigües avec eux avec à la clé de basses réflexions du type « Pourquoi lui et pas moi ? ». Votre ego pourrait en prendre un coup, ainsi que votre carnet d’adresse. Ne pas oublier qu’un ami moderne est un choix délibère qui ne concerne que vous.

Etre le plus neutre possible, face à l’extérieur : Ne pas s’embrasser dans la rue, attendre que les lumières s’éteignent au cinéma etc… Et à l’intérieur : Garder ses distances, ne pas se montrer trop démonstrative, trop tendre, vous risqueriez de mettre un paquet de questions entre vous.
Si la relation n’est pas régulière, ne pas s’outrer du fait que le prochain rendez vous ne soit pas fixe, et parfois se contenter d’un « à bientôt ». Rappelons-le, cette relation est basée sur la spontanéité.

Quelle légitimité ? Celle que vous lui donnez.

Combien d’amis modernes ? Autant que vous voulez, ou surtout pouvez ;-) au risque de s’embarrasser de parasites. Un vrai Fuck-friend est difficile a trouver, je pense même que nous ne sommes pas égales face a ce phénomène, pour certaines cela ne sera jamais bien vécu. Un ou deux semble raisonnable. Le top étant une exclusivité réciproque (bien que cela empiète un peu sur la notion de liberté).

Rupture du contrat ? La plus directe, assez rare tout de même : L’Apres de la première nuit mal gère par un des deux, voire par les deux parfois (c’est ca les amis !), La deux solutions :
1) Votre amitié est assez forte pour prendre cette histoire au deuxième degré, et cela restera votre private-joke préférée.
2) Vous finissez la journée en larmes, seule, ayant le sentiment d’avoir perdu un ami, qui en a une petite certes, mais un ami quand même !

En partant du principe que sous la couette tout se passe à merveille, (je ne veux pas rentrer dans les détails scabreux des désillusions) une des clauses les plus énoncées est celle de la non compatibilité d’appétit et/ou d’agenda. Spontanéité ! Spontanéité ! Si votre partenaire ne répond pas à vos attentes en terme de fréquence et si vous commencez à vous prendre la tète avec vos palm, fuyez ! Nous ne sommes pas la pour nous compliquer la vie.
Les fins les plus « banales » sont une fatigue, uni ou bi partite ou encore la rencontre d’un vrai Boy-friend, qui ne vous donne absolument pas envie (pour le moment) de retourner voir votre ami moderne Robert. Dans la plupart des cas, on perd malheureusement contact car cette personne nous rappelle d’une part, en bonne ingrate, notre période si douloureuse de célibat, et d’autre part, peut être avec un peu de recul, une relation pas si bien assumée.

Dommages Collatéraux : Le plus gros risque n’est finalement pas dans le « Juste Apres », mais dans les rebondissements qui suivent dans 90% des cas.
Voici le plus grand dilemme : Autant la frontière avec l’amitié est « palpable » (sans faire de jeu de mot) autant celle avec l’amour est très mince. C’est la que le bas blesse.
Comment être sure d’être sur la même longueur d’onde a moyen et long terme, comment ne faire souffrir personne ? A « jouer aux amoureux » on peut parfois se bruler les ailes.

Pensons d’abord à ces ex couples qui se disent cap’ de se revoir juste pour « ca ». Certes cela peut être une façon de retarder le moment ou le fil sera coupe, mais peut on affirmer que cette méthode soit digeste pour les deux ? N’espère-t-on pas ou ne faisons nous pas espérer quelque chose qui n’a aucune chance d’arriver ? Ou surtout de revenir ?

Puis pensons a ces amis, peut on dire que dans la plupart des cas ils évoluent aux même rythme en se répétant les 10 règles du bon fuck-friend a chaque fois qu’ils se quittent sur le pas de la porte? La plus douloureuse rupture entre amis modernes est justement lorsqu’un des deux commence à vivre son amour en solo via ces rendez vous nocturnes.

Même sans parler de sentiments amoureux, n’est-ce pas humain de se projeter et d’envisager au moins une seconde une vraie histoire ? Notre comportement sous la couette en dit tellement long. Arrive à ce stade que faire ? Abandonner en s’avouant a soi même qu’il y rupture de contrat, ou se laisser porter a ses risques et périls et dans le meilleur des cas, par la suite, arriver a une modification des termes du contrat ? Les amis modernes : Néo-période d’essai faute de volonté d’engagement ?

C.J. – CC2 « Le Jeu» – Juillet 2007

Sous toutes ses formes

Plus qu’un simple divertissement, le jeu se décline sous de nombreuses formes : jeu de réflexion, jeu d’adresse, jeu d’argent,…La seule chose que ces jeux ont en commun, c’est leur forme binaire : gagner ou perdre des qu’il y a des forces adverses en présence. Malgré l’admiration communément vouée à ceux qui s’engagent juste pour jouer , ces derniers ne peuvent être considérés comme de vrais joueurs. Le jeu en compétition, c’est ressentir l’adrénaline de la victoire ou l’amertume de la défaite. C’est aussi un travail sur soi : assumer la victoire, reconnaitre la défaite. Pour s’engager dans le but de gagner, voici quelques conseils. L’analyse portera sur des exemples appartenant à chacun des trois grands types de jeu: les jeux de hasards, les jeux de réflexion et les jeux hybrides .

L’exemple du jeu de hasard le plus connu et le plus attractif est bien évidemment le Loto. Les probabilités montrent que les chances de gain sont de 1 sur 13 983 816. Il existe cependant un moyen d’optimiser les probabilités de gain et surtout d’augmenter les chances de gagner beaucoup .
Par exemple, l’historique des tirages prouve qu’une suite de numéros (ex : 24,25,26,27,28,29) ne se produit que dans 0.001% des cas. Ce genre de séquence est donc à éviter car la loi des grands nombres s’y oppose. D’autre part, la moyenne des gains du gagnant est bien plus importante lorsque les numéros sont supérieurs a 31 et lorsque le 19 ne sort pas. La raison en est simple : les joueurs tendent à jouer leurs dates de naissance. Or le système calendaire ne prévoit que 31 jours dans un mois et 99% des joueurs sont nés au XXème siècle ! Enfin, pour gagner beaucoup, mieux vaut éviter de jouer pendant les tirages événements . En effet, le prize pool reste fixe alors que les joueurs sont plus nombreux à cause de l’effet d’annonce. Il y a donc plus de chance que le gain soit partage, et les parts, réduites.

La roulette de casino confirme ces grands principes. C’est pour cela que chaque table dispose d’un tableau rappelant l’historique des numéros sortis précédemment. Chaque joueur peut ainsi éviter de rejouer un numéro sorti peu avant, augmentant ses chances de gain s’il croit en la loi des grands nombres. Conseils pour gagner : Connaitre l’historique des tirages, jouez différemment des autres.

Tout comme le bridge de compétition, les échecs sont considérés comme un jeu ou la chance ne joue aucun rôle. Pour gagner, deux facteurs sont à prendre en compte : la stratégie et le calcul des coups. En effet, les matchs ordinateurs contre humains ont prouve que les machines pouvaient gagner grâce a leurs immenses mémoires ou tous les coups ont été préalablement enregistres. Pour gagner, il faut non seulement montrer une certaine originalité, une capacité à prendre des risques, mais également disposer d’une mémoire qui permet de prévoir la stratégie de l’adversaire. Conseils pour gagner : Mémoire, stratégie et innovation.

Enfin, le Poker est un jeu qui allie parfaitement chance, talent et technique. A l’évidence, certains ne l’ont pas compris : la majorité des débutants considère que la part de chance dans un jeu de poker se monte a 80%, alors que les spécialistes s’accordent a dire que cette part n’excède pas les 25%. Cette expertise repose sur un postulat très simple : le poker est un jeu de combinaisons et il est toujours possible de calculer la probabilité que la prochaine carte offre la victoire. Ainsi, sur la durée, les chances de faire les bons choix sont multipliés en connaissance des probabilités.

Au poker, comme dans la plupart des jeux hybrides, le talent fait appel à de nombreuses qualités: lecture du jeu de l’adversaire, style, instinct, etc… Pour augmenter les chances de gagner, opter pour un comportement proche du naturel est un facteur. Les casaniers, sécuritaires avec leur entourage, sur de leur force et qui gèrent leurs revenus comme des bons pères de famille , devraient s’orienter vers un style conservateur. A l’oppose, les impulsifs, toujours en quête d’originalité, et qui voient la vie comme un défi, bénéficieraient d’un un style plus agressif.
Conseils pour gagner : Calcul des probabilités, expérience, choisir un style de jeu qui vous convient.

Pour chaque individu, il existe un type de jeu ou ses qualités optimisent les chances de gagner. Dans tous les cas, la peur de perdre ne devrait pas être un frein. Chaque défaite se révèle productive si les conséquences sont analysées et comprises, surtout pour les jeux ou la chance n’est qu’un élément minime. Et pour les jeux de hasard, la patience reste malheureusement la principale qualité pour décrocher le jackpot…

F.B. – CC2 « Le Jeu» – Juillet 2007

Un pays - L'Italie

Après la chute de l’Empire Romain d’Occident, l’Italie dut faire face aux étreintes amoureuses des peuples  barbares germaniques, tels que les Wisigoths ou les Vandales, qui venaient piller et mettre à sac les villes défaites. L’ordre papal se mettait en place à Rome tandis que Florence, Milan, Gênes et Venise devenaient les villes les plus influentes au monde du point de vue commercial, financier et intellectuel.

A partir de la fin du XVème siècle, l’Italie fut le champ de bataille des puissances étrangères. Tous avaient des prétentions sur telle ou telle royaume. Ce n’est que sous l’occupation Napoléonienne au début du XIXème siècle que les italiens ont commencé à entrevoir la possibilité d’une unification qu’il n’avait pas su concrétiser plus tôt et c’est après la chute de ce dernier, en 1815, que l’Italie, à dominante très fortement autrichienne après le Congrès de Vienne, connut enfin la montée d’adrénaline générale d’un peuple en quête de liberté, le « Risorgimento ».

Comme souvent, ce sont les intellectuels et les aristocrates qui furent élégamment à l’initiative grâce aux sociétés secrètes héritées de l’occupation française, notamment les Carbonari. N’ayant malheureusement pas de coordination suffisante à l’échelle nationale, elles ne donnèrent que des actes isolés et durement réprimés jusqu’en 1830 dont le fameux soulèvement du Général Pepe à Naples (capitale du Royaume des Deux-Siciles espagnol) en 1820 et celui d’Alexandrie au Piémont en 1821.

La révolution parisienne de 1830 échauffa les esprits italiens. Après quelques soulèvements plutôt réussis dès le début de l’année suivante à Modène, Parme ou en Romagne, les révolutionnaires présents dans les Etats Pontificaux parvinrent à abolir le pouvoir temporel des Papes avant de se faire rappeler durement à l’ordre par les Autrichiens, déjà sévères à l’époque. Il en aurait été fait de la flamme révolutionnaire si Mazzini, en exil, n’avait pas créer le mouvement de la Jeune-Italie, principalement composé d’anciens carbonari. Ce mouvement, bénéficiant d’appuis en France, organisa toute une série d’attentas de 1833 à 1844, qui se soldèrent tous par de cuisants échecs. Néanmoins, ces vaines tentatives entretinrent l’esprit d’unification pendant plus d’une décennie. L’excitation devint palpable à l’élection du Pape Pie IX, successeur du très réactionnaire Grégoire XVI. Ce dernier amnistia les révolutionnaires romains, admit des laïcs dans l’administration ou encore élargit la liberté de la presse d’alors. Incitant ainsi les autres princes italiens à prendre des mesures libérales, sa popularité le prédestinait à devenir le chef de file de l’unification, d’autant plus que celle-ci devenait imminente après les nouvelles révolutions de Paris et Vienne en 1848.

Dans ce contexte propice, la Lombardie chassait les Autrichiens fin mars 1848. Comme souvent, c’est le premier pas qui s’avère le plus dur, les autres duchés envoyèrent des renforts pour empêcher les autrichiens de contre-attaquer.

La raison pour laquelle aucun de nous ne connaît Pie IX aujourd’hui est qu’à ce moment précis, il redouta un schisme des catholiques autrichiens et allemands. Il condamna donc toute guerre entre chrétiens fin avril 1848. Le roi Charles-Albert du Piémont annexa Parme, Modène, Venise et la Lombardie à la suite de ce fâcheux discours. Après quelques démêlées avec les autrichiens, il leur céda Milan et abdiqua en faveur de son fils Victor-Emmanuel II.

Au centre de l’Italie, le soulèvement populaire fut tel, que le premier ministre fut assassiné et le Pape dut s’enfuir en février 1849. Son pouvoir fut rétabli grâce à Louis-Napoléon en juillet. Après cette première tentative infructueuse, seul le Piémont garda sa Constitution et un des personnages clef de la révolution fit son apparition : Camillo Cavour. Ce fin stratège comprit ce qui avait manqué au Risorgimento jusqu’alors. Un appui soutenu du peuple et de l’étranger. Il pactisa alors avec les révolutionnaires et avec la gauche en laissant encore ouverte la question du statut définitif de l’Italie. D’autre part, il envoya des troupes soutenir les forces françaises en Crimée en 1855 ce qui lui ouvrit les portes du Congrès de Paris en 1856. Napoléon III lui promit alors son soutien militaire au Piémont contre la cession de Nice et de la Savoie ! La France ridiculisa l’Autriche à Magenta et Solférino et signa un armistice avantageux dans laquelle elle obtenait la Lombardie, qu’elle transmis immédiatement au Piémont. Les mouvements révolutionnaires enfin matures, et soutenus par Cavour, chassèrent enfin les derniers princes à Parme, Modène et en Toscane. Pie IX se constitua une armée de « zouaves pontificaux » en 1860 et les Bourbons du Royaume des Deux–Siciles étaient encore à l’écart de la vague.

La figure de proue de la révolution italienne écrivit alors sa légende. Guiseppe Garibaldi, niçois, mena sa célèbre expédition dite « des Mille » et s’empara de la Sicile. A l’aide de ses mille camarades en chemise rouge, il enleva Palerme, Messine et arriva finalement à Naples où le rejoint bientôt Cavour et les troupes Piémontaises. Seule Rome demeurait insoumise. Garibaldi, jouissant d’une popularité énorme, accueillit Victor-Emmanuel II à Naples.

Le 17 Mars 1861, ce dernier fut couronné « Roi d’Italie par la grâce de Dieu et la volonté du peuple ». La première capitale fut installée à Florence et Napoléon III soutint le Pape pour qu’il conservât son pouvoir à Rome. Les garibaldiens profitèrent de la guerre franco-allemande de 1870, qui obligea les troupes françaises stationnées à Rome à partir sur le front, pour rentrer dans Rome. Les romains plébiscitèrent la réunion très symbolique de leur ville à l’Italie et le 20 Septembre 1870, Rome devint la capitale. Pie IX, ayant son caractère semble-t-il, se constitua prisonnier et refusa de reconnaître cette annexion. Cette situation ne prit fin qu’en 1929 avec les accords de Latran de Mussolini !

Ainsi, après un interlude de près de 1500 ans, Rome redevenait une capitale majeure d’Occident.

D.A. – CC4 «Vice & Vertus» – Septembre 2007

Ressources naturelles - Vice ou vertu?

Le destin de toute société repose en grande partie sur sa capacité à s’approvisionner en ressources naturelles. Entre un Canada en plein essor qui regorge de pétrole, de poissons, et de bois, et une Sierra Leone mise à feu et à sang malgré ses richesses en diamants, les scénarii possibles sont aussi nombreux que les nations concernées.

L’impact des ressources naturelles est tout d’abord une question de cohésion nationale. L’Iran est un pays immensément riche en hydrocarbures qui n’a connu aucune guerre civile durant le 20ème siècle malgré une grande diversité linguistique, culturelle, ethnique et religieuse. La Perse fut en effet durant des siècles un empire débordant largement les frontières actuelles, maintenant un certain équilibre entre assimilation et préservation culturelle. Ainsi les territoires de l’Empire perse faisant partie de l’Irak actuel ont-ils assimilé le chiisme, sans pour autant abandonner la langue arabe. L’Iran est donc une véritable nation, dirigée depuis longtemps par un Etat centralisé reconnu comme légitime par une proportion suffisante de la population, malgré les changements de dynasties royales et de régimes qui se sont succédés. C’est tout le contraire de l’Irak, pays fictif créé de toutes pièces lors du démembrement de l’Empire Ottoman suivant la Première Guerre Mondiale. Les cas du Congo, de l’Angola, du Nigéria et de la Sierra Leone, minés par des guerres ethniques et des rebellions alimentées par les richesses naturelles, suivent un schéma similaire où l’absence d’un socle commun font des ressources une véritable malédiction.

Les ressources naturelles sont également une question de gestion et de prévoyance. Toute société, selon son niveau de savoir scientifique, a plus ou moins de recul par rapport aux stocks, aux flux, et à la consommation des ressources dont elle dépend. Au 16ème siècle des seigneurs allemands implantent pour la première fois des programmes de gestion durable des forêts. Aux 17ème et 18ème siècles les shoguns de l’Empire Tokugawa au Japon développent des mesures sophistiquées de sylviculture durable, en réaction à la catastrophe écologique ayant résulté de la déforestation des siècles précédents. Une dépendance mal gérée peut cependant conduire à l’effondrement total de la civilisation, comme ce fut le cas de l’Empire Maya ou plus récemment de la République d’Haïti, aux terres défrichées jusqu’à épuisement.

L’histoire montre ainsi qu’une société soudée gérant raisonnablement ses ressources naturelles peut vraiment s’enrichir. Qu’en est-il, cependant, du progrès social ? Les pétromonarchies arabes du Golfe persique ont vécu au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle des mutations économiques et culturelles d’une ampleur comparable à celles la Chine. Le pétrole a permis à des sociétés essentiellement pastorales de rentrer dans l’ère moderne… du moins au niveau du confort matériel de leurs citoyens. Pour ce qui est du progrès social, les 35% de travailleurs immigrés en Arabie Saoudite, et les 91% de travailleurs immigrés aux Emirats Arabes Unis sont considérés comme des citoyens de seconde zone, sans aucun droit au regroupement familial ou à la propriété. Le progrès économique n’a pas été accompagné par la liberté d’expression, la liberté religieuse, ou encore le droit des femmes. Si les ressources naturelles sont intimement liées au destin économique d’une société, elles sont sans grand rapport avec les libertés individuelles, qui sont davantage un problème culturel.

Dans ce monde de plus en plus connecté, toutes ces analyses au niveau national sont obsolètes. Le 21ème siècle sera celui où l’espèce humaine déterminera si oui ou non elle est capable de maintenir une croissance économique et une gestion démographique durables. D’un côté, notre compréhension des phénomènes naturels, la conscience écologique citoyenne, et notre savoir technologique et scientifique sont des atouts puissants en vue des défis à venir. D’un autre côté, le niveau de vie auquel nous nous sommes habitués et la taille qu’a atteinte la population mondiale rendent les enjeux très sérieux. Les conséquences d’un échec seraient dramatiques.

Si certaines ressources comme le cuivre ou le zinc ne poseront pas de problème avant longtemps, d’autres comme le pétrole, le bois, et le poisson présentent des cas inquiétants. La panique des années 70 autour des crises du pétrole a récemment rejailli avec un prix du baril en constante augmentation, principalement en raison de la demande des pays émergents. Toute la production manufacturière et agricole, donc tous les fondements de notre civilisation, reposent, entre autres, sur un pétrole bon marché. La recherche sur les énergies renouvelables est notre seule chance.

Concernant le bois, chaque année dans le monde la surface forestière défrichée est équivalente à celle du Royaume-Uni. Entre 1990 et 2005, le Nigéria a perdu 79% de ses forêts, les Philippines 90%. Tous les pays développés ont des programmes de protection des forêts, mais ont exporté leur déforestation vers les pays en voie de développement. L’inquiétude sur le poisson est plus récente et date des années 90. Une étude scientifique publiée en Novembre 2006 par le journal américain Science révèle qu’un tiers des stocks de poisson à travers le monde se sont effondré (un effondrement est défini comme un déclin en dessous de 10% du stock maximal jamais observé). Si la tendance actuelle devait se perpétuer, toutes les réserves de poissons au monde seront vidées d’ici 2060. Le bois et le poisson sont des cas typiques de « Tragédie des biens communs », concept désignant une situation où l’accès commun à des biens pousse chaque agent à l’exploitation maximale à court terme pour empêcher les autres de faire de même. La privatisation des ressources pourrait pousser chacun à adopter une gestion plus durable.

Un monde de pénurie mène toujours au conflit. La situation actuelle ferait d’un tel conflit la plus grande chute de civilisation jamais observée dans l’histoire, car nous partons de très haut. Il nous est impossible de sortir du cycle du « produire plus et consommer plus », la base même de notre société, ce à quoi nous devons tout. Notre avenir dépendra donc d’une part du progrès scientifique, d’autre part de la capacité de « l’économie verte » à ouvrir de nouvelles opportunités sur le marché et à redéfinir notre conception même de la valeur.

C.F. – CC4 «Vice & Vertus» – Septembre 2007

Sex In The Cube - Les 10 étapes post-rupture

Il n’existe pas de meilleure situation « sex and cubesque » illustrant le thème de ce mois-ci que les étapes qui précèdent une rupture. Je m’en vais vous les conter, à vous de déceler les vices et les vertus cachés derrière ces étapes.

Le choc, l’annonce
Ça y est, c’est terminé, il est parti. Le temps s’arrête. Vous avertissez vos proches, vos phrases finissent toutes par « c’est mieux comme ça », vous répétez machinalement les arguments de votre rupture. Comme droguée, cette période est vécue dans un silence intérieur profond.

L’effondrement
Quelques matins plus tard vous vous réveillez et réalisez. Ce n’est pas le tout de parler de la rupture, il faut maintenant la vivre. Le pilote automatique qui vous soutenait vous abandonne et vous laisse face aux premiers signes de manques et aux arguments maintenant froids de la séparation. Commence la période de sous-alimentation, de SMS désespérés à Mister, de laisser aller. Un moment de grande solitude que vous empirez en vous isolant.

La pseudo prise en main
Finie la dégringolade, vous vous raisonnez en décidant de rebondir sur chaque point de votre rupture. Votre appart’ cleanissime, votre poids stabilisé, vous vous concentrez sur votre vie professionnelle et votre famille. Forte et sur-active dans votre reconstruction, vous devenez en quelques jours un modèle pour toutes.

La première « reprise de contact »
Confiante, vous décidez de reprendre contact avec Mister sûrement pour vous tester
et, sans l’avouer à personne, pour lui montrer votre énergie et faire meilleure figure que ces derniers temps. Il accueille votre
coup de fil avec plaisir, vous laisse parler de vos projets, vous soutient. Tant de calme et d’assurance dans sa voix vous laisse perplexe, vous vous attendiez à tout sauf à cela. Vous raccrochez, après avoir accepté de prendre un verre la semaine suivante, dans un drôle d’état.

Les Intentions de retour
C’est le Jour J. La préparation est longue, vous enfilez votre tenue, élaborée depuis six jours déjà, par dessus son ensemble de sous vêtements préférés (on ne sait jamais), vous vous maquillez légèrement, et mettez une dernière touche de parfum sur vos épaules. Vous marchez vers le café où vous avez rendez vous, vous sentez le regard des hommes se poser sur vous, ce genre de journée où l’on se sent irrésistible et à la fois intouchable. La tête pleine de « re-déclaration d’amour », le coeur battant la chamade, vous l’apercevez au fond du café, plus charmant que jamais. Il vous fait un accueil chaleureux, vous fait remarquer comme vous êtes belle.
Vous parlez de la pluie et du beau temps, vous échangez des nouvelles de la famille, pendant ce temps vous détectez quelques signes de faiblesse de sa part qui vous enchantent. Puis
il en vient à parler de lui, il vous explique son projet professionnel (vous êtes fière de lui et surexcitée, enfin il se prend en main !), il vous confie également la douleur qu’il a éprouvé suite à votre séparation (vous prenez une moue compréhensive mais vous jouissez intérieurement).
Il vous explique qu’il a eu besoin de changer d’air et qu’il est parti chez ses grands parents en Bretagne passer quelques jours, vous êtes surprise par cet élan de retour aux sources.

La Rechute
Puis douloureusement vous explique qu’il a fait une rencontre là bas à laquelle il n’a pas voulu donner suite sur le coup, pensant beaucoup à vous et imaginant que vous vous remettriez ensemble. Vous êtes transportée, votre cœur se serre, vous allez pour lui dire à quel point vous l’aimez et brûlez d’envie de vous donner une seconde chance, mais il vous coupe la parole et vous déclare que les choses en ont été différemment, que tout compte fait « c’est mieux comme ça », qu’il ne veut finalement pas passer à côté d’elle et qu’ils se revoient sur Paris.
Cette phrase sonne comme un glas. Vous vous effondrez de nouveau, mais gardez bonne figure en lui répétant « c’est bien, je suis contente pour toi, c’est normal, c’est la suite logique…». Vous tentez de vous rattraper à quelques idées positives, mais rien ne vous vient et raccourcissez vos retrouvailles prétextant un quelconque rendez-vous.
Sur le chemin du retour, vous fondez en larmes. Plus de regards sur vous, pas d’épaule sur laquelle pleurer, vous êtes seule.

La sur confiance en soi
Piquée dans votre orgueil, honteuse de votre machination et malheureuse à souhait, vous décidez de vous reprendre. Cela fait ni une ni deux, vous êtes déjà en contact avec des ex que vous n’avez pas revus depuis une éternité, des copains « d’avant », de préférence ceux qui ne l’ont pas connu, ou ceux qui vous ont vu vivre de loin (soyons honnêtes, ainsi vous racontez la version que vous voulez). Vous qui êtes plutôt d’un naturel casanier, vous passez vos soirées dehors, votre agenda n’a jamais été aussi plein. « Dormir est optionnel ». Plus rien ne vous fait peur, vous n’avez plus de tabous. Tout est prétexte pour sortir et rencontrer du monde, vous vous montrez sous votre plus beau jour. Vous enchaînez les « histoires sauvages », mesurez votre pouvoir de séduction, devenez très légère. Trop ?

Le tout est possible
Un matin, vous vous réveillez aux côtés de Gérald, le barman du café au coin de votre rue, vous vous sentez mal et n’arrivez pas à vous regarder dans le miroir. Vous lui demandez de partir sur le champ. C’en est trop, vous ne vous ressemblez plus.
Vous reprenez chaque escale de votre chemin calmement et décidez de vous concentrer sur des choses simples. Après quelques jours d’assainissement de votre quotidien, un sentiment jouissif s’empare de vous : Le « Tout est possible ». Vous reprenez complètement le dessus, et ressentez une espèce de vertige quand vous pensez à toutes les possibilités s’offrant à vous. Vous vibrez à longueur de journées.

L’assimilation complète de la rupture
Mister est bien rangé dans votre esprit, ou tout du moins, c’est un dossier que vous ne rouvrez plus qu’occasionnellement. Les raisons de votre rupture vous semblent claires. Au travail vous êtes brillante, en famille, très présente. A force de dégager tant d’ondes positives, vous attirez de nouveau les regards, sans le vouloir et sans le remarquer les premiers temps. Vous vous êtes enfin débarrassée de cette enveloppe passéiste trop chargée. La rencontre avec un chouette LouLou ne saurait tarder…
Cela fait maintenant quelques semaines que vous ne vous quittez plus… Que votre chez vous est devenu votre chez nous… Vous avez « envie de vous poser », vous vous sentez prête à construire de nouveaux, avancements que vous n’hésitez pas à faire partager à Mister…
Puis ce premier nouveau LouLou vous explique un jour que cela va trop vite, qu’il n’est pas prêt… Vous le laissez partir sans trop le retenir, vous rendant compte que les sentiments que vous aviez pour lui n’étaient pas si démentiels. Vous replongez légèrement dans votre histoire avec Mister, tentez de savoir où il en est de son côté. Un deuxième LouLou rentre dans votre vie… même schéma. Vous multipliez ces histoires, injouables au regard de vos proches, jusqu’au jour où vous décidez de vous tourner enfin vers des personnes qui vous ressemblent.

Enfin les idées claires
Vous le rencontrez par le plus grands des hasards, il est plus âgé que vous, sur les rails depuis quelques années déjà. Quand il vous demande pourquoi quelqu’un comme vous est seule, vous répondez gênée, la tête légèrement penchée, que vous n’étiez finalement peut-être pas prête et que vous avez collectionné les histoires impossibles afin de reculer le moment de l’engagement. Il est parfait, fait des projets d’avenir, vous rassure et vous explique à quel point vous êtes faits l’un pour l’autre. Vous venez de rencontrer un homme, un vrai, qui ne demande qu’à officialiser votre relation. Vous avez conscience du fait qu’il soit le mari et le gendre idéal : La même éducation, une excellente présentation, une belle profession, les mêmes idées… Vous avez peur. Le « He might be the one » vous trotte dans la tête.
De moments magiques en moments magiques… vous ne tombez pas amoureuse et cela devient gênant pour l’avancement de cette relation. Le gap se creuse, vous vous faites violence, mais cela ne vient pas. Plus parfait que jamais, il comprend, vous laisse du temps et décide de ne plus vous faire peur avec ses grandes phrases.

Un matin, c’est le déclic, ce défaut que vous cherchiez depuis le début éclate à la lumière du jour : il n’est pas Mister.

C.J. – CC4 «Vice & Vertus» – Septembre 2007

Lisons - Les malheurs de Justine

Morceau choisi du chef d’oeuvre du Marquis de Sade.

- N'ayez pas peur, mademoiselle, lui dit-elle en la voyant émue, je n'ai pas envie de m'exposer une seconde fois a vos humiliations ; je suis plus faite aux préférences qu'aux refus. C'est pour mon service que je vous demande, et non pour autre chose. Justine entre. Mais quelle est sa surprise, quand elle voit Dubourg presque nu, au milieu des deux femmes de la Delmonse, empressées l'une et l'autre à servir les passions de ce libertin. Que devient-elle quand elle entend les portes se fermer, et que le ton, les discours, la physionomie de celle a qui elle a affaire ne lui présagent plus que des malheurs ?
- O madame ! S’ecrie-t-elle en tombant aux pieds de cette femme perfide, quel est donc le nouveau piège que vous me préparez ? Est-il possible qu'une maitresse abuse aussi cruellement de l'impuissance et de la misère d'une malheureuse domestique ! Oh ! Quelle horreur, grand Dieu ! Et quel crime vous commettez envers toutes les lois divines et humaines.
- Oh, nous allons bientôt, j'espère, nous souiller plus énergiquement, dit Dubourg en se relevant et collant ses lèvres impures sur la bouche délicate de Justine qui se retire avec dégout... Oh ! Oui, oui, poursuit ce monstre, nous allons nous livrer bientôt a d'autres crimes ; et j'espère qu'a la fin cette fière vertu ne trouvera plus de défense.

En même temps Justine est saisie, dépouillée, et offerte à l’ instant, toute nue, par les femmes de Delmonse, aux immodestes projets du financier.
Dubourg, presque sur, a ce qu'il prétend, de foutre au moins deux coups cette fois-ci, réserve pour le dernier celui des deux pucelages de Justine dont il fait le plus de cas, et c'est celui du con que l'on présente a ses premiers feux. Le scélérat s'avance ; c'est Delmonse elle-même qui le conduit, et qui, le glaive du paillard a la main, s'apprête a l'enfoncer au sein de la victime. Mais Dubourg, toujours partisan des détails, veut préluder par quelques-uns de ces petits supplices libidineux dont les jouissances ont tant d'empire sur ces sens engourdis. Idolâtre du cul le coquin veut le voir ; celui de Justine est si joli ! On le lui expose ; il le claque, refait placer, soufflette la victime, lui manie brutalement la motte, lui pince les tétons, s'égare sur les trois beautés qui l'entourent, L'une des femmes de Delmonse surtout, grande créature de dix-sept ans, faite à peindre, et belle comme un ange, parait l'échauffer incroyablement. Par malheur on le branle, et très adroitement, pendant qu'il prélude : hélas ! Le même accident qu’à la première séance arrive encore a celle-ci. Dubourg n'a que le temps de se jeter sur Justine. Les voies bien imbibées lui sont présentées entrouvertes ; mais l'arme plie à mesure que s'en exhale la liqueur qui la tient en arrêt. Dubourg, dont la décharge est impétueuse, perd la tête en y procédant ; il n'a plus ni assez de présence d'esprit, ni assez de force pour enfiler droit.
- Ah ! foutre-dieu, sacre nom d'un dieu, s'écrie-t-il, en accablant de soufflets et de coups de poing la pauvre Justine, et lui barbouillant le con de foutre, ah ! Double foutre-dieu que j'abhorre, mon projet est manque. »

H.W. – CC4 «Vice & Vertus» – Septembre 2007